Congé paternité : « un sujet d’avenir, une mesure qui favorise l’égalité. »

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Interview de Anouk Danan @Johnson & Johnson

Partage de bonnes pratiques ! Le congé paternité, certains ont déjà bien avancé sur le sujet… Comme Johnson & Johnson par exemple !
Anouk Danan, est Business Unit HR Supply Chain et R&D au sein de l’entreprise. Anouk a plus de 18 ans d’expérience en HR et en droit américain. Elle a répondu aux questions du Lab RH sur le congé paternité.

 

Pourriez-vous nous en dire plus sur l’origine de l’initatiative de Johnson & Johnson en matière de congés paternité ?

En France, le congés paternité consiste en 3 jours de congés de naissance auxquels s’ajoutent possiblement 11 jours de congés paternités consécutifs (incluant donc les jours fériés et les week-end). À ces 14 jours, Johnson & Johnson permet aux hommes qui deviennent pères de disposer de 26 jours ouvrés de congés payés à 100% par l’entreprise, ventilés à leur guise sur une année, soit un total de 40 jours. 

Cette initiative, qui date de 2018, nous la devons aux dirigeants de l’entreprise aux Etats-Unis qui a offert 40 jours de congés aux nouveaux parents, pour tous les salariés à travers le monde. Il faut rappeler que dans ce pays, les femmes ont droit en vertu d’une loi fédérale à 12 semaines, non payées. Loi qui leur permet de retrouver leur poste à l’issu de cet arrêt.

En offrant cette possibilité, compte tenu du droit français, les hommes salariés en France ont ainsi pu bénéficier d’un congé paternité plus conséquent et plus flexible que ce que leur propose la loi ici.

 

Comment cette possibilité a-t-elle été accueillie ?

Très positivement. Nous avons eu 52 hommes qui en ont bénéficié en 2018 et 129 en 2019. Nous sommes sur une tendance peu ou prou équivalente en 2020, même si je ne peux pas vous donner de chiffres précis puisque l’année n’est pas finie. On constate qu’il existe de multiples façons de bénéficier de ces congés. Certains préfèrent les utiliser en bloc après l’accouchement, ou alors une fois que leur partenaire reprend le travail, ou encore en ventilant leur congé un jour par semaine sur l’année, par exemple. 

 

Quels conseils donneriez-vous aux responsables RH pour faire de telles initiatives des succès ?

J’en donnerai deux. Tout d’abord, il y a un travail significatif de communication interne à réaliser. Lors de son lancement, en communiquant les chiffres tous les ans, en l’expliquant au moment de l’embauche, en faisant passer l’information lors des entretiens annuels : il faut multiplier les occasions de faire passer le message et le réitérer. Ce qui va de pair avec mon deuxième conseil. Il faut expliquer que cette mesure est un droit qui ne porte pas préjudice à la carrière, et qu’il ne faut pas hésiter à en bénéficier. Décréter la mesure ne suffit pas, il faut la promouvoir. 

L’allongement du congé paternité à 8 semaines représente une attente forte des jeunes parents de l’entreprise ; ce n’est pas un sujet de société secondaire, c’est un sujet d’avenir pour notre société, une mesure qui favorise l’égalité. Un investissement pour l’avenir, pour l’enfant, ses parents et la société. Allonger le congé paternité, comme nous l’avons fait chez Johnson & Johnson, c’est une mesure qui va inciter les pères à prendre leur part, réduire la charge mentale pour la mère et les clivages de genre.

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